Les missionnaires à Sherbrooke

Par Serge Patry, bénévole

« Nous espérons que ces visites contribueront non seulement au bien spirituel des catholiques de ces lieux reculés, mais encore à leur bien temporel[i] », comme mentionné par Mgr Bourget en 1842 en faisant allusion aux visites des missionnaires dans les Cantons-de-l’Est.

[i] Marie-Paule Rajotte LaBrèque, « Les Églises dans les Cantons de l’Est (1800-1860) », dans Sessions d’étude – Société canadienne d’histoire de l’Église catholique, vol. 41, 1974, p. 93, sur le site Erudit,https://www.erudit.org/en/journals/sessions/1974-v41-sessions1828862/1007243ar/
Portrait de l’abbé Jean Raimbault, A. Z. Pinsonneault, APA1593.002

Au début du XIXe siècle, des colons américains, écossais, irlandais et canadiens français, de plusieurs confessions religieuses, arrivent de partout pour s’établir dans les Cantons-de-l’Est. Cet accroissement de la population préoccupe les évêques catholiques qui veulent être prêts à fournir les secours moraux auprès des catholiques. Ainsi la vie catholique s’implante dans cette région du sud du Québec grâce aux curés missionnaires qui sillonnent ce territoire dépourvu de routes, d’églises et, pratiquement, sans écoles, allant à la rencontre de leurs ouailles éparpillées un peu partout.

Détail d’une mosaïque sur le médaillon du portrait de l’abbé John Holmes, [19-], APB132.003

En 1816, quand Sherbrooke s’appelait Hyatt’s Mills, la population dépasse à peine cinquante habitants, pour la plupart des protestants. L’abbé Jean Raimbault, curé de Nicolet, devient le premier prêtre missionnaire à venir dans la région pour visiter les quelques catholiques et il célèbre, en mai 1816, la première messe au Belvidere, une résidence appartenant à la famille Felton. Pendant que l’abbé Raimbault poursuit son travail missionnaire, l’abbé Jean-Baptiste Kelly, curé de William-Henry (Sorel), reçoit aussi la charge de missionnaire de Drummondville, et par la bande, des Cantons-de-l’Est. Kelly couvre donc un territoire important pendant environ trois ans, jusqu’à ce que l’abbé John Holmes, nouvellement ordonné, soit nommé missionnaire de Drummondville. L’abbé Holmes sera responsable de l’érection de la première chapelle catholique dédiée à Saint-Colomban, patron des catholiques irlandais. Michael Power le remplace en 1827, puis Hugh Paisley prend la relève en 1831, suivi de Hubert Robson, natif de Québec, en 1832.

Détail sur la signature de l’abbé McMahon, lettre adressé à l’évêque de Québec datée du 11 juillet 1834, A17/1.

La visite de ces missionnaires à Sherbrooke met la table pour l’arrivée d’un prêtre résidant, cette mission prenant de plus en plus d’importance. À cette époque, on retrouve dans la région environ 1 100 catholiques majoritairement irlandais. Ainsi, il est compréhensible que des prêtres irlandais se succèdent à la tête de la paroisse. John Baptist McMahon devient, en 1834, le premier curé résidant de la paroisse de Saint-Colomban, remplacé en 1840 par Pierre-Henri Harkin, les deux occupant quelque temps l’indésirable Maison Cotter. Puis l’abbé Bernard O’Reilly prend le relais en 1846, se faisant connaitre par son attachement à la cause de la colonisation des Cantons-de-l’Est par les Canadiens français. Ensuite, Bernard McGauran arrive en 1848, continuant l’œuvre de son prédécesseur jusqu’à l’arrivée de son successeur, premier Canadien français et dernier curé-missionnaire en 1853, l’abbé Alfred-Élie Dufresne. Les curés de la paroisse prennent aussi la charge de desservir la population du reste du territoire qui deviendra, en partie, le diocèse de Sherbrooke.

Portrait de l’abbé Alfred-Élie Dufresne, APA432.001

Références

GRAVEL, abbé Albert. Aux sources de notre histoire religieuse dans les Cantons de l’Est, Sherbrooke, Apostolat de la presse, 1952, p. 19-40.

RAJOTTE LABRÈQUE, Marie-Paule.« Les Églises dans les Cantons de l’Est (1800-1860) », dans Sessions d’étude – Société canadienne d’histoire de l’Église catholique, vol. 41, 1974, p. 87-103, sur le site Erudit, https://doi.org/10.7202/1007243ar

LAMBERT, James H. « Kelly, Jean-Baptiste », http://www.biographi.ca/fr/bio/kelly_jean_baptiste_8F.html#:~:text=KELLY%2C%20JEAN%2DBAPTISTE%2C%20pr%C3%AAtre,Longue%2DPointe%20(Montr%C3%A9al), Consulté le 18 juin 2024.