
Par Audrey Lagacé, technicienne en archives
C’est un homme qui a considérablement contribué au patrimoine immobilier du Québec, en particulier dans les Cantons de l’Est, et du Nouveau-Brunswick. Travaillant principalement sur des églises et autres bâtiments religieux, cet architecte a également conçu des plans pour des établissements scolaires, des résidences, des sanatoriums, une caserne de pompiers et une banque. Bien que toute sa carrière soit notable, nous nous concentrerons sur ses constructions d’églises dans les Cantons de l’Est. Dans cet article, nous poursuivons la carrière de Louis-Napoléon Audet à compter de 1917. Cependant, il faut mentionner que pendant les années 1930 et la majorité des années 1940, Audet ne participe pas à la construction d’église dans le diocèse de Sherbrooke.
L’année 1917 est marquée par la reconstruction de l’église Sacré-Cœur de Stanstead qui a détruit l’église avec 47 maisons du village. L’église Saints-Anges de Ham-Nord, commencée en 1899 selon les plans de Jean-Baptiste Verret est terminée avec les plans de Audet cette même année. Une nouvelle église Saint-Joseph est construite pour remplacer la précédente trop petite pour la population.
Cependant, c’est le chantier du soubassement de la Cathédrale Saint-Michel qui domine le travail de Louis-Napoléon Audet en 1917. Bien qu’il fût déjà prévu de construire la partie supérieure de la cathédrale, le contexte socio-économique de 1917 oblige le report de la construction. Le projet reste tout de même d’une envergure considérable. Le soubassement sera utilisé comme cathédrale jusqu’à la construction de la cathédrale supérieure dans les années 1950. Le Centre d’archives se trouve d’ailleurs dans le cœur de ce soubassement témoignant de l’œuvre de l’architecte.

En 1922, le curé Joseph-Thomas Michaud, et la majorité des francs tenanciers de la paroisse Saint-Augustin demandent la construction d’une nouvelle église. L’église est donc construite selon les plans de Audet et fait 116 pieds de longueur, 48 pieds de largeur et 20 pieds de hauteur sous les lambourdes. En 1925, c’est au tour de l’église Saint-Aimé d’être construite selon les plans de Audet. La première messe est célébrée le 7 juin et l’église est bénite un mois plus tard. La même année, l’église Sainte-Luce est reconstruite selon les plans de Audet après qu’un incendie ait détruit la première église le 25 avril 1924.

Après une grande pause dans la construction d’églises dans le diocèse, Louis-Napoléon Audet recommence son travail ici en 1948. Cette année-là, les églises Saint-Luc et Saint-Esprit sont construites. Malheureusement, l’église Saint-Luc brûle en 1989 alors que l’église Saint-Esprit est détruite en 1965 parce qu’elle était devenue trop petite.
La carrière de Audet ne pouvait pas se terminer officiellement sans son retour sur son plus gros projet du diocèse. En 1956, il sort de la retraite pour travailler une dernière fois sur la Cathédrale Saint-Michel. Le plan de la partie supérieure a bien évolué depuis ses premières esquisses en 1917. Une fois la Cathédrale terminée, Audet retourne à sa retraite.
Louis-Napoléon Audet décède en 1971 après une carrière bien remplie et bien plus imposante que ces œuvres du diocèse de Sherbrooke. Il a construit en tout deux cathédrales, Saint-Michel de Sherbrooke et Notre-Dame de l’Assomption de Moncton, en plus de participer à l’élaboration du plan de la cathédrale Sainte-Anne de Beaupré et la cathédrale Sainte-Cécile de Valleyfield. Pour honorer son travail au diocèse, Louis-Napoléon Audet est enterré dans la crypte de la Basilique-Cathédrale Saint-Michel avec sa femme.