Une voix qui inspire: Élaine Coderre Poirier

Par Cassandra Fortin, Directrice-Archiviste du Centre d’archives Mgr-Antoine-Racine

Élaine Coderre Poirier donnant la main à un prêtre, 22 avril 1965, 2022-050C

Le Conseil du statut de la femme a choisi comme thématique de campagne 2026 pour la journée internationale des droits des femmes : « Des voix qui inspirent ». Aussi, nous souhaitons aujourd’hui vous partager le souvenir d’une femme inspirante qui a dédié sa vie aux autres : Madame Élaine Coderre Poirier.  

La vie active

Élaine Coderre est née le 29 juin 1916 à Richford au Vermont. Elle fit ses études comme infirmière à New York, puis, après la Secondaire Guerre mondiale, elle est engagée comme infirmière pour le département des jeunes filles et dames à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul de Sherbrooke durant 6 ans. Cette dernière est grandement appréciée des malades pour sa bonté et son dévouement. Cependant, la maladie la frappe aussi, alors qu’elle reçoit un diagnostic d’une tumeur au cervelet en 1955. Après une année d’hospitalisation, cette femme active, toujours prêtre à aider son prochain, se retrouve en chaise roulante et se sent inutile. Aussi, lorsque le père Jacques Gayet lui fait part de l’existence des fraternités d’entraide et de soutien, elle prend son téléphone et décide de mettre en branle la création d’une fraternité semblable.

Détail du logo de la Fraternité des Malades de Sherbrooke Inc., 1976, P1113/1.1

La Fraternité des Malades de Sherbrooke inc.

C’est ainsi qu’est officiellement fondée la Fraternité des malades de Sherbrooke inc. en 1962, grâce aux efforts d’Élaine Coderre-Poirier, d’Yvonne Côté et du Père Gayet. Il s’agit de la première filiale canadienne de la Fraternité catholique des Malades et Infirmes. Ce mouvement vise essentiellement à aider toutes les personnes souffrant d’une maladie chronique ou d’un handicap à s’intégrer dans leur milieu grâce à un réseau d’entraide, en plus de favoriser l’épanouissement des individus par des rencontres sociales et des activités sportives et culturelles. La Fraternité des Malades de Sherbrooke inc. aura occupé Madame Coderre Poirier durant plus de 15 années, avant que celle-ci passe le flambeau. Elle reçut d’ailleurs de la part de Mgr Jean-Marie Fortier une médaille de l’ordre du mérite diocésain de Saint-Michel, le 27 octobre 1975.

Carte mortuaire d’Élaine Coderre Poirier, 1959, APA1892.001

Décès tragique

La vie d’Élaine Coderre-Poirier s’éteint brusquement avec celle de trois autres personnes lors de l’exposition du système de chauffage de son logis, le 15 décembre 1975. Ses funérailles, célébrées à la Basilique-Cathédrale St-Michel, accueilleront de nombreux malades qui souhaitent faire leurs derniers adieux à cette grande dame. Un mois avant son décès, elle apprenait qu’elle avait été sélectionnée comme personnalité de l’année du Cercle personnalité de Sherbrooke. Cet honneur lui sera remis à titre posthume.      

« Elle était merveilleuse et toujours prêtre à rendre service 24 heures par jour. Il n’y en a pas d’autres comme elle. Elle basait sa vie sur l’amour, le partage, le sourire, sur ce qu’elle appelait sa doctrine d’amour, et, à la Fraternité, on se rassemblait toujours autour d’Élaine. Elle était le pivot de l’association »

Témoignage de l’abbé Antoine Samson, La Tribune, 16 décembre 1975. 

Références

Fonds P1113 – Fonds Fraternité des Malades de Sherbrooke Inc.