La Société d’histoire naturelle du Séminaire de Sherbrooke

Article rédigé par Audrey Lagacé, technicienne en archives

Les associations étudiantes ont été nombreuses à travers l’histoire du Séminaire Saint-Charles-Borromée. Fondées avec des objectifs éducatifs, toutes n’ont pas eu la même longévité. Alors que, l’Académie Saint-Pierre a été active pendant près de 87 ans, la société d’histoire naturelle a, quant à elle, duré à peine 3 ans. Il y a bien eu une tentative de raviver l’intérêt de l’histoire naturelle dans les années 1940, mais il n’en reste pas vraiment de traces. Quelle était cette association?

Liste des étudants de la Société d’histoire naturelle du Séminaire de Sherbrooke, Annuaire du Séminaire Saint-Charles-Borromée, 1892-1983, p. 155-156.

Première fondation (1893-1895)

La société d’histoire naturelle est arrivée au Séminaire en mars 1893. C’est l’abbé Pierre-Achille Bégin qui en est le fondateur. Selon ce dernier, le but de la société était de propager et de vulgariser l’étude des sciences naturelles tout en augmentant les collections du musée de leur alma mater[1]. La société d’histoire naturelle s’organisait de mars à septembre pour toutes les années, mais pour la deuxième et troisième année d’existence il y avait aussi un semestre de septembre à mars. Chaque semestre, un président et un secrétaire étaient élus parmi les étudiants participants. Ils étaient aussi divisés en différentes sections, qui annonçaient leur préoccupation première. Chaque section se voyait donc attribuer une branche des sciences naturelles. La première section était l’entomologie, la seconde la conchyliologie, la troisième la biologie, la quatrième la botanique et la cinquième la minéralogie et la géologie.

De plus, parmi les étudiants, deux sont nommés curateurs du Musée du Séminaire. La relation entre la société et le musée est étroite, puisque le musée accueille une grande collection permettant l’étude des sciences naturelles. Les étudiants étaient fortement encouragés à faire des dons pour augmenter cette collection. De plus, les étudiants, durant la deuxième année, sont invités à aller aux conférences données au musée durant les récréations. À la lecture des procès-verbaux de l’association étudiante, on apprend que l’abbé Bégin donnait des leçons aux étudiants de la société qui pouvaient porter sur les grandes familles d’animaux, le corps humain ou encore les insectes. Les étudiants s’intéressent aussi à des lectures sur le sujet et à des pionniers québécois du domaine, tels que l’abbé Léon Provancher.

Les procès-verbaux s’arrêtent soudainement après une séance du mois d’avril 1895. Aucune mention de la dissolution de la société n’a été trouvée. Cependant, ce qui est soulevé dans les archives est l’absence fréquente de plusieurs des membres. Considérant qu’il y avait une règle qui voulait qu’après deux ou trois absences les membres soient retirés de la société[2], il est possible que ce haut taux d’absentéisme aille mener à la fin prématurée de la société.


L’abbé Pierre-Achille Bégin

Il est difficile de parler de la Société d’histoire naturelle du Séminaire Saint-Charles-Borromée sans mentionner son fondateur, qui a donné son nom au cercle du Séminaire. Pierre-Achille Bégin est né à Saint-Isidore de Dorchester en 1863. Il fait ses études au Collège de Lévis avant d’être ordonné par le cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau en 1886. Il est d’abord professeur de mathématique et de science à son alma mater avant d’arriver au Séminaire Saint-Charles-Borromée en 1893. Il enseignera jusqu’en 1924.

P112/2Certificat d’affiliation du Cercle Achille Bégin à la Société ca-nadienne d’histoire naturelle, 1941, P112/2.

Deuxième fondation (1940-1947)

La société d’histoire naturelle a un second souffle en 1940. À ce moment, elle prend le nom de Cercle Achille Bégin et est affilié à la Société canadienne d’histoire naturelle[3]. Cette société n’était autre que celle fondée par le frère Marie-Victorin[4]. Le cercle Achille Bégin continue ses activités jusqu’en 1947 environ. Cependant, peu d’archives couvrent cette période.


[1] Cahier des procès-verbaux de la Société d’histoire naturelle, p. 5, 1893, P112/1.

[2] Cahier des procès-verbaux de la Société d’histoire naturelle, p. 60, 1895, P112/1.

[3] Certificat d’affiliation du Cercle Achille Bégin à la Société canadienne d’histoire naturelle, 1941, P112/2.

[4] https://archives.umontreal.ca/exposition/mv/pop_societe_hist_nat.htm, page consultée le 2 avril 2026.